Archéologie expérimentale, test grandeur nature de la pirogue les 2 et 3 septembre 2017

Archéologie Expérimentale, Test grandeur nature de la Pirogue, les 2 et 3 septembre 2017, 3ème Partie

…Sur ordre du Capitaine Clark, Georges Drouillard et John Colter, au petit matin, embarquent sur leur pirogue pour reconnaître au mieux la suite de ce parcours expéditionnaire.

À cette époque d’étiage*, le lit du fleuve est capricieux, le sable et les roches affleurent, sans compter les embarras* et les sawyers* qui rendent extrêmement difficile la navigation à bord de cette embarcation lourde et compliquée à manœuvrer.

À quelques encablures du camp, les premières difficultés surviennent. La pirogue se trouve rapidement prisonnière des éléments. C’est Charbonneau qui, au retour de la chasse, viendra en aide aux 2 piroguiers pour sortir l’embarcation de ce mauvais pas…

Réflexion sur la navigation

Cette pirogue monoxyle en peuplier a été construite du 31 août au 2 septembre 2016 (voir les 2 articles précédents), puis immergée pendant 1 an avant ce test.

Longueur hors tout : 6,75 m ; Largeur hors tout : 0,66 m ; Largeur intérieure : 0,55 m ; Creux : 0,30 m ; Épaisseur du fond 0,14 m ; Déplacement estimé à vide 400 kg, chargée 610 kg ; Enfoncement à 2 pagayeurs + le chargement 0,28 m.

Manœuvres à la pagaie simple, position des pagayeurs à genoux :

Nous avons observé que la réponse de l’embarcation à la manœuvre est lente, par conséquent, il est indispensable d’anticiper largement les changements de direction. Une propulsion équilibrée pour les 2 piroguiers est également primordiale car l’action trop musclée de l’un ou de l’autre rend les redressements de l’embarcation difficiles. À la descente, malgré ses 400 kg (10 fois plus lourd qu’un canot en écorce de bouleau de même taille) la pirogue, une fois lancée, file bon train. À la remonte, la tâche est évidemment plus rude car pour dompter le courant, il faut compter sur une fréquence de coups de pagaie assez rapide, environ 40 par minute et passer régulièrement d’un contre courant à un autre. Nous avons réfléchi également aux conditions ventées de navigation qui malheureusement n’ont pas pu être testées. Pour naviguer en sécurité, nous pensons qu’il sera indispensable de surveiller la hauteur du clapot*.

Au halage :

Nous avons utilisé cette manœuvre à la remonte sans aucune difficulté, en revanche, à la descente et vu le poids déplacé, nous pensons qu’il sera beaucoup plus compliqué, dans un rapide encombré, de faire filer l’embarcation à 2 cordelles.

Conclusions :

Après cette expérimentation, nous pouvons conclure qu’il est relativement aisé de s’adapter à ce type d’embarcation. Mise à part les portages qui sont malheureusement irréalisables, nous avons testé et réussi l’ensemble des manœuvres indispensables à la descente ou à la remonte.

Lexique :

Clapot : vague, petite à moyenne

Embarras : accumulation d’arbres ou de branches coincés dans le lit de la rivière

Étiage : période de basses eaux

Sawyer : tronc partiellement déraciné, remontant de temps à autre à la surface

Retrouvez l’intégralité du reportage photo ici

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